Boxe professionnelle

Monshipour fait le coq

Samedi 4 juillet 2009

Les come-back en boxe sont d'une banalité parfois affligeante, souvent désarmante, rarement gagnante et exceptionnellement éclatante. Et si le retour sur les rings de Monshipour apporte quelque nouveauté dans la longue litanie des combats de trop, c'est bien parce que ce personnage romanesque à la carrière dantesque, ne peut laisser indifférent.

Fauché au sommet de son (noble) art par un Thaïlandais nommé Sitchachawall un sale soir de mars de 2006 à Levallois, Monshipour est revenu sur son engagement de raccrocher les gants l'année dernière. Lui l'homme de parole s'est lancé dans un double défi intitulé « pour l'honneur ».
 
Le champion a pris sa nouvelle carrière en main devenant son propre promoteur. Après trois amuse-bouche ingurgités facilement (Salvini, Hugues, Machado) et sans grand appétit, le Poitevin s'est offert un gros morceau en la personne d'Anselmo Moreno, un Panaméen d'une famille de dix-sept enfants, du style dur comme un roc. Un « mangeur de pierre » comme on dit dans le milieu. Un vrai champion du monde, fausse-patte (gaucher), malin, plus jeune (25 ans contre 34 à Monshipour) et plus grand (1,72 m contre 1,64 m) que son challenger.


Le cœur léger après la balance

Le Poitevin ne faisait pas le coq à l'heure de redescendre dans une catégorie inférieure pour un huitième championnat du monde. « Si je n'ai pas le niveau ou si j'ai trop souffert pour faire le poids, je risque de me faire ridiculiser comme un gamin », déclarait-il la semaine dernière dans la dernière ligne droite d'un régime infernal. Hier à l'heure de monter sur la bascule, on savait que le poids allait peser lourd dans la balance. Heureuse surprise place d'Armes à Poitiers : Monshipour, tendu comme arc, montra qu'il était un vrai coq de combat affichant 53,400 kg pour une limite fixée à 53,524 kg. Et c'est Anselmo Moreno qui dût tomber le slip pour, nu comme un ver, s'apercevoir qu'il avait encore quelques grammes de trop. Monshipour, en gentleman, ne joua pas les lourdingues, ne voulant pas imposer au tenant refroidi, une suée supplémentaire. « C'est bon comme ça. »

Le cœur léger il lâcha : « Je vais peut-être bouffer de l'argent, mais je vais redevenir champion du monde. » « Je ressens une confiance absolue », ajouta Moreno monté sur ses ergots. Les deux coqs sont prêts à se voler dans les plumes.

Ce soir, 20 h 30, aux Arènes de Poitiers. En direct sur W9.

Par Loïc Lejay