Anselmo Moreno aborde la quatrième défense de sa ceinture mondiale avec la confiance et la détermination qui sied à un champion en exercice.

Qui êtes-vous Anselmo Moreno ?
« Un combattant ! Je suis né dans une banlieue pauvre de Panama où j'ai dû apprendre à me battre avant de monter sur un ring. Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'était la boxe mais je voulais bien gagner ma vie et m'élever socialement. Si je n'étais pas devenu boxeur, j'aurais été footballeur. Je n'aurais pas pu rester dans la misère. »
Vous avez déjà assuré une partie de votre avenir sur le plan financier en devenant champion du monde. Qu'est-ce qui vous pousse à présent ?
« Je n'en suis qu'au tout début de ma carrière. Mon objectif est de me bâtir un palmarès qui restera dans les annales de boxe. Vous savez, au Panama, les grands champions de boxe ne manquent pas. Je veux à mon tour rejoindre la caste des plus célèbres et devenir une légende. »

“ Ce n'est pas une défaite qui brisera mon élan ”
En 2002, vous avez connu votre unique défaite chez les pros. Etes-vous ressorti meurtri de ce combat et quel souvenir en gardez-vous ?
« Ça fait partie des choses de la vie. En amateurs, j'ai perdu une quinzaine de combats et toutes ces défaites m'ont aguerri. Celle chez les professionnels est cependant particulière car c'était contre un ami contre lequel j'ai eu l'occasion de prendre par la suite ma revanche. »
Avant sa défaite du 18 mars 2006, Mahyar Monshipour n'avait eu de cesse de répéter qu'il mettrait un terme à sa carrière à la première défaite. Etes-vous dans les mêmes dispositions ?
« Pas du tout ! Je n'ai que 24 ans, j'ai la vie devant moi. Je n'en suis qu'au début de l'aventure. Je connais mes qualités, je sais que je peux aller très loin. Ce n'est pas une défaite qui brisera mon élan. »
Que savez-vous de Monshipour ?
« En regardant les vidéos de ses combats, je me suis rendu compte que c'était un grand champion, un véritable guerrier des rings. Nous n'avons pas le même style de boxe mais cela rend le combat d'autant plus intéressant. Celui qui imposera son style sortira vainqueur. »
Vous mesurez 1,72 m soit huit centimètres de plus que Monshipour. Comment allez-vous gérer cette différence ?
« Tout bonnement en essayant d'exploiter cet avantage en me servant de mon allonge. Je me considère comme un musicien sur le point de faire un récital. Chez moi, on m'appelle “ El fantasmo ”, c'est-à-dire l'épouvantail. Je m'identifie totalement à ce surnom. »
Dans quelle forme vous sentez-vous ?
« Après mon dernier combat contre Sidorenko le 2 mai, je n'ai pris qu'une semaine de repos. Puis, durant sept semaines, j'ai fait une préparation physique au calme dans la montagne au Panama. Je ressens une confiance absolue. »
Vous êtes arrivé en France dix jours avant le combat. Est-ce un temps d'adaptation suffisant ?
« J'ai toujours procédé de la sorte les trois fois où je suis venu boxer en Europe. Nous nous sommes préparés en nous basant sur ces précédentes expériences qui nous ont parfaitement réussi. »
C'est la première fois que vous venez boxer en France. Quel état d'esprit vous anime ?
« Je considère la France comme un nouveau territoire à conquérir. En coq, il y a de très grands champions que je veux affronter. Il y a Monshipour mais aussi Malik Bouziane que je me verrais bien affronter dans un avenir proche. »
Qui gagnera samedi ?
« Le champion du monde ! »
Propos recueillis par Henri Brissot
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