Monshipour et Moreno se sont officiellement rencontrés hier en conférence de presse. C'était au restaurant "Les Trois Garçons". Ils y croient tous les deux. 

Mahyar Monshipour va finalement disputer trois combats en cette fin de semaine. Le premier face à la balance vendredi à 17 heures. Le deuxième devant Enselmo Moreno, le tenant WBA des coq. Et le troisième, au bout du compte, face à son banquier. Hier, le promoteur-challenger a rencontré le champion-boxeur pour la très officielle conférence de presse dans les salons cosy du restaurant "Les Trois Garçons". Un espace feutré où seuls existaient deux garçons. « Moi et lui » aurait pu dire Mahyar avec son incorrigible habitude de se citer en premier. Mais n'est-ce pas ce trait de caractère qui en fait un personnage hors normes ? Et pourtant, ce face à la presse a révélé un aspect de lui que l'on ne connaissait pas. Mahyar a peur.
« Monshipour pas plus dangereux qu'un autre. »
Peur d'être « tourné en ridicule » par Moreno. C'en est même devenu une obsession. « Pire, c'est un cauchemar. Sur le ring, vous mettez tout ce qui est en vous sur le tapis et vous pouvez donc perdre votre virilité, votre honneur. » Ce à quoi Jacques Deschamps Fils, le lien haïtien de ce combat, rétorquait dans une sorte d'apaisement « mais Mahyar, une défaite en boxe n'est pas une atteinte à l'honneur. » Le solde n'est pas encore réglé. Mahyar Monshipour doit donc vivre son histoire jusqu'au bout pour s'acquitter d'une dette dont lui seul connaît le montant. C'est la raison pour laquelle il va boxer sans rien changer, en force, face à ce technicien du ring dont on dit le plus grand bien. « J'ai commencé la boxe à six ans, dans la rue, là où la plupart du temps il y avait des morts » indiquait le Panaméen dans un raccourci suffisamment explicite à justifier sa réputation. « La différence entre nous est là répondait Monshipour. A six ans je faisais du foot ou du vélo dans les rues de Téhéran. J'ai débuté la boxe à 17 ans. Je ne suis pas un boxeur, je suis un guerrier. » En d'autres termes, ça va "camphrer" samedi soir. 
Roberto Grimaldo 
Celso Chavez Heureusement, Mohamed Bennama, l'homme de coin du Poitevin, rassurait l'entourage. « J'ai enfin retrouvé Mahyar comme il y a trois ans. Physiquement, il est prêt. » Et si d'aventure le film ne collait pas au synopsis, Ben n'hésiterait pas à interrompre la séance. Ce qui ne préoccupe pas le moins du monde le champion du même nom, Enselmo Moreno. « Pourquoi aurais-je refusé de rencontrer Monshipour ? Il n'est pas plus dangereux qu'un autre. » Et pour en terminer définitivement avec l'incertitude, le camp panaméen a déjà donné le nom du futur adversaire de Moreno. La confiance, ça ne se partage pas.
Jean-Jacques Cecconi. |