En homme de parole, Khedafi était bien là hier soir à Besançon. Ses supporters lui ont rendu un vibrant hommage place du 8-Septembre. L'incertitude aura duré jusqu'à la fin de la matinée. Viendra ? Viendra pas ? Alors que tout était prêt pour accueillir notre boxeur bisontin en héros, l'annonce de la réception élyséenne , à la même heure, est venue prendre tout le monde de revers. Début d'après-midi, un grand "ouf" de soulagement s'est répandu comme une traînée de poudre parmi tous ses supporters. Parce qu'il est un homme "de parole et d'engagement", Khedafi Djelkhir serait bien là, place du 8-septembre à 18 h. Vu l'accueil qui lui a été réservé, il n'a pas eu à le regretter.
Un moment historique
Arrivé avec Jean Louis Fousseret et sa maman dans un 4X4 Mercédès aux vitres teintées, c'est sous l'ovation d'un public tout acquis à sa cause qu'il est monté sur le podium. "Je suis content d'être avec vous, les Bisontins qui m'avez toujours soutenu. La boxe est un sport individuel mais il faut une équipe et un état d'esprit collectif ", a-t-il confié avec la modestie et l'humilité qui le caractérisent si bien.
Etre ici "est un plaisir partagé", a-t-il ajouté avant de rendre hommage à tous ceux qui l'ont accompagné dans sa progression de champion : son entraîneur, Ouahib Nasri, le président de son club, Nadir Amrani, sa maman Rebia, sa famille, ses amis, ses supporters et, bien sûr, toutes les collectivités locales qui lui permettent de vivre de son sport dans le cadre d'un emploi tremplin. "C'est historique pour nous et Besançon", a résumé son frère Haziz, aux bords des larmes. "Avec Khedafi, nous avons tout sacrifié pour la boxe", a ajouté son entraîneur, sous l'oeil attendri de Morrad Hakkar. "Un exemple exceptionnel pour tout le monde de la boxe".
"C'est une très grande fierté pour nous", a encore lancé Nadir, le président du Boxe Ring Athlétic de Montrapon-Fontaine-Ecu qui, pour la circonstance, était venu avec l'immense coupe Paul Rousseau qui récompense le meilleur club du championnat de France. Visiblement très ému, Jean-Louis Fousseret s'est pour sa part félicité de cet instant "merveilleux". De ces moments rares qui consacrent "les retrouvailles entre un champion et son quartier, les qualités de cœur, le sérieux et le travail".
Un credo repris en cœur par ses collègues du Département et de la Région qui, tour à tour, ont récompensé la maman et "son" champion. Un vrai. De ceux qui, sans faux semblant, s'est ensuite livré avec une belle générosité à la séance de dédicaces.
Bernard PAYOT
© L'Est Républicain / DOUBS. |