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Lainé : « En tant qu'arbitre de boxe, je m'éclate »

La vie fédérale
Mardi 1er décembre 2009

Jean-Robert Lainé est aujourd'hui un des meilleurs arbitres français et même mondiaux en boxe amateur. Il avait été retenu pour les Jeux Olympiques de Pékin et ce dernier week-end, il était à Amiens, à l'occasion du tournoi international qui opposait la France à la Pologne et la Biélorussie.

Jean-Robert Lainé arbitre pour le club de Laon et il est major de police en tant que chef d'une brigade anti-criminalité Il réside dans l'Oise à Drancy. En boxe, contrairement à d'autres disciplines, l'arbitre a une fonction bien précise : il doit se faire le plus discret possible sur le ring, laisser les deux pugilistes s'exprimer. Quand arrive la fin du combat, l'arbitre a terminé son rôle. Il laisse la place aux membres du jury. Il n'est donc pas responsable d'une mauvaise décision comme cela peut arriver car l'arbitrage reste avant tout humain.

Jean-Robert Lainé nous explique pourquoi il préfère se trouver sur le ring et arbitrer plutôt que de figurer parmi les cinq juges placés autour. « Personnellement, je préfère largement arbitrer. Je prends beaucoup plus de plaisir à arbitrer qu'à juger. La première chose qu'un arbitre doit faire, c'est assurer la protection des boxeurs. Il est le garant de la bonne santé des boxeurs. Après, il y a un travail d'observation car dans un combat, l'arbitre peut influer. Je pense que le public vient assister à un combat de boxe et il ne vient pas pour voir l'arbitre. Les vedettes, ce sont les boxeurs. L'arbitre n'est rien ou presque. J'aime bien me mettre en retrait et laisser la règle de l'avantage. Si la faute ne nuit pas à l'adversaire, je laisse boxer. Maintenant, s'il y a une faute dangereuse, qui nuit à l'adversaire, alors je peux faire une réprimande, voire sanctionner. C'est vrai que parfois, il arrive qu'une mauvaise décision soit prise. Mais l'arbitre n'est pas là pour déjuger ses collègues. Pour être un bon juge, cela ne dépend pas que de vous. Cela dépend de nos partenaires. Il faut appuyer dans la même seconde lorsqu'on constate qu'une touche est valide. Suivant l'angle dans lequel se trouve le juge ou s'il vous tourne le dos, il ne voit pas toujours si justement la touche est valide ou pas. Cela peut laisser la place à une part de hasard et le jugement est différent ».

Jean-Robert Lainé ajoute même qu'il peut arriver qu'il ait vu en tant qu'arbitre un certain combat ; différent que ses collègues juges qui en ont vu un autre. Un arbitre et cinq juges çà ne se voit pas tous les jours sur les rings, à l'exception évidemment des grandes compétitions. Au niveau régional, l'arbitre est seul et il doit aussi prendre une décision. Mais sur le ring, l'arbitre est toujours le mieux placé pour juger de l'impact d'un coup, notamment à la tête le regard d'un combattant qui n'est plus en état de se défendre. « Il faut toujours être vigilant sur un ring » conclut Jean-Robert.

Par Lionel Herbet

Crédit photo : Pierre
Mabire

 

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