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Le sport veut toucher ses dividendes

La vie fédérale
Le 11 Septembre 2018

 

Inquiet de voir les subsides de l’État à la baisse et pas à la hauteur des ambitions affichées dans la perspective des JO de Paris en 2024, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) réclame davantage de moyens pour le sport. Lequel rapporte gros à la société et à l’économie nationale.
 
 
Selon une étude du Centre de droit et d’économie du sport (Cdes), le poids économique du mouvement sportif s’élèverait, en France, à 11,69 milliards d’euros dont 3,03 milliards pour ce qui est du sport professionnel et à 2,41 milliards d’euros pour ce qui relève des dépenses personnelles des pratiquants. Ces chiffres, qui sont des estimations minimales, attestent du poids économique et de l’impact sociétal sport, en somme, de tout ce qu’il apporte à la Nation.
 
Une contribution qui a vocation à être au cœur du futur modèle sportif français, lequel prendra la forme d’une gouvernance partagée au sein d’une structure de type Groupement d’intérêt public (GIP) entre les quatre principaux acteurs que sont l’État, les collectivités locales, le mouvement sportif et le monde économique. Or, « le fonctionnement du GIP sera forcément conditionné par les moyens dont il disposera », prévient Denis Masseglia, Président du CNOSF. Lequel a évalué à 400 millions d’euros le budget qui doit être dévolu à la future agence pour qu’elle aient les moyens de ses ambitions. Un montant qui, à ses yeux, n’a rien d’exorbitant et encore moins d’indu. Tout d’abord parce que le sport fait gagner de l’argent au pays et à l’État.
 
« Faire la démonstration que l’économie du sport a changé »
 
« Il est important pour nous de faire la démonstration que l’économie du sport a changé et que demain, il y aura encore plus de produits financiers qui proviendront du sport », justifie Denis Masseglia. Des droits télévisés du football qui vont prochainement dépasser le milliard d’euros, l’organisation d’événements sportifs (Ryder Cup, Euro féminin de hand, Coupe du monde de football féminin, Coupe du monde de rugby, JO de Paris...) qui sont forcément source d’activité et de bénéfices sonnants et trébuchants tout comme, au plan fiscal pour l’État, les charges acquittées par les clubs professionnels ainsi que les impôts auxquels sont soumis les sportifs professionnels, sans compter le montant en constante augmentation des paris sportifs (plus de 6 milliards d’euros en 2018) : le sport est une précieuse manne de revenus pour les pouvoirs publics mais pas que pour eux.
 
 
« L’explosion de la pratique sportive crée beaucoup de richesses économiques », insiste Denis Masseglia, sachant que « la pratique sportive du plus grand nombre pèse beaucoup plus économiquement que la pratique professionnelle. Mais ce serait un risque de penser que cette source pourrait ne jamais se tarir. En effet, si l’on ne fait pas attention aux difficultés que les clubs rencontrent et que la base ressent, on risque fort de ne pas avoir la croissance économique que le sport est susceptible de générer, laquelle pourrait ne pas être au rendez-vous. Il faut songer à la pérennisation de l’économie du sport. Pour cela, il y a une condition incontournable : permettre au mouvement sportif et à ses clubs de continuer la mission qui est la leur. »
 
« Une question de logique et de justice »
 
Dans ces conditions, « faut-il rester indifférent au manque de retour sur investissement alors que le sport enrichit la Nation ? La base sportive, composée des clubs et des bénévoles, doit-elle être l’oubliée de cette croissance ?, fait mine de s’interroger le Président du CNOSF. C’est juste une question de logique et de justice sachant que ce qui n’était pas possible il y a quelques années, le devient aujourd’hui. » En effet, le sport s’est développé à un point tel qu’il engendre suffisamment de recettes pour prétendre en percevoir autant que de besoin. Car c’est bel et bien l’ensemble de l’édifice qui est en jeu : «  Sans les clubs, il n’y a pas de champions, ni d’équipes de France ni de lien social ni d’éducation ni de santé, martèle Denis Masseglia. Cette base sportive a besoin de reconnaissance et de considération à un moment où elle est en plein désarroi alors que le sport ne s’est jamais aussi bien porté. Elle a besoin de moyens pour continuer sa mission, en l’occurrence, celle de former des hommes, des femmes et des citoyens et permettre à chacun de s’épanouir. »
 
En clair, « Le sport peut et doit financer le sport ! » et « #le sport compte ». Ces deux slogans, le dernier sous forme de hashtag, résument à eux seuls le discours et la volonté du CNOSF. Quant à la pétition, intitulée « Sport pour tous et tous pour le sport », qu’il devait lancer pour inciter le Gouvernement à débloquer les fonds attendus, le Comité a décidé d’attendre la fin des arbitrages budgétaires en cours avant de passer à l’acte. En espérant ne pas avoir besoin d’aller jusque-là.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédits photos : Denis Boulanger (Presse Sports)
 

 

 

 

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