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Actu boxe pro

A. Francillette à la relance

Boxe professionnelle
Le 11 Juin 2018

 

Le 8 juin, à Pont-Audemer, le Français (21 v, 1 n, 1 d) s’est emparé avec la manière du titre WBA intercontinental WBA des moyens en dominant l’expérimenté Italien Emanuele Della Rosa (37 v, 1 n, 4 d) par KO technique à l’appel de la neuvième reprise. De quoi lui ouvrir de réelles perspectives.
 
 
Il est peut-être l’un des pugilistes les plus méconnus de l’Hexagone eu égard à son talent et à son potentiel. Amer vaincu, lors de sa première opportunité internationale - un championnat WBA continental perdu sur décision partagée devant l’Italien Alessandro Goddi, en septembre dernier, à Monaco - Andrew Francillette n’avait, cette fois, plus droit à l’erreur. A trente printemps, il y a quelque peu urgence, lui qui n’a débuté la boxe qu’à vingt ans, à la fac, avant de passer pro cinq ans plus tard.
 
« Ça se passe bien mais tu peux mieux faire »
 
Dès les premiers opus, le sociétaire du Red Star Audonien adoptait la bonne tactique. Plus grand, il tirait parti de son allonge supérieure en donnant son jab du bras avant et en tournant pour mieux attendre le Transalpin au coin du bois et le contrer. Sa tâche était facilitée par le fait que l’Italien, du genre taureau fougueux mais à la garde très large, se montrait bien trop prévisible pour surprendre le Tricolore. Non seulement il avait tendance à se jeter mais il était en outre assez lent et n’avait pour arme principale que sa droite. Un arsenal insuffisant, loin de perturber le Francilien, capable de boxer en reculant et en continuant à débiter des coups sans se désunir. « Tiens-le au milieu du ring et empêche-le de s’organiser avec ton bras avant », lui recommandait son entraîneur, Éric Tormos.
 
Au fil des minutes, le Français récitait imperturbablement sa partition. Ses uppercuts faisaient mal au Romain. Néanmoins, les hostilités se déroulaient parfois sur un faux rythme, certes toujours favorable au Français qui, pour l’essentiel, ne travaillait que sur un ou deux coups alors qu’il semblait en mesure d’accélérer et d’enchaîner davantage. Cela n’échappait pas à Éric Tormos. C’est pourquoi, même si son élève était dominant et jamais véritablement mis en danger, il lui demandait de faire plus et mieux. En l’occurrence, de tourner du bon côté, de feinter, de désaxer et « d’embrouiller » l’Italien, marqué sous l’œil gauche. « Ça se passe bien mais tu peux mieux faire », lui assénait-il sans concession.
 
« Deux ans pour devenir champion du monde WBA »
 
Andrew Francillette s’y employait. Toujours aussi précis et doté d’une vitesse de bras qui lui permettait aisément de faire la différence, il creusait l’écart sur les bulletins des juges. Avec, toutefois, un bémol non négligeable : une certaine nonchalance défensive qui lui faisait trop souvent encaisser, au visage, les droites transalpines. Mais, à force d’être martelé de toutes parts, Emanuele Della Rosa, qui n’avançait qu’en ligne et faisait toujours la même chose, se montrait de moins en moins percutant parce qu’émoussé physiquement. Un scénario dont l’issue se révéla être celle à laquelle le public aspirait : profondément ouvert à la paupière droite et à bout de force, l’Azzuri, qui n’était plus, pour le Francilien, qu’une cible mouvante aisément atteignable, était logiquement arrêté sur blessure à l’appel de la neuvième reprise.
 
Le nouveau champion intercontinental WBA, qui, à la suite de ce probant succès, devrait intégrer le top quinze planétaire, pouvait exprimer sa satisfaction au micro de SFR Sport : « J’attendais beaucoup ce combat. Je suis ravi. J’ai revu ma boxe. Cela m’a permis de travailler certaines choses que j’ai essayé de mettre en place. Visiblement, ça a payé. Mon adversaire a été très solide et m’a donné du fil à retordre. Il a été vaillant. J’ai été prudent car je voulais éviter le coup à froid. Je vais réfléchir à la suite. Je veux faire les choses bien. Je me laisse deux ans pour devenir champion du monde WBA. Pour l’instant, la ceinture elle est là et je vais essayer de grimper encore. » L’ascension ne fait assurément que commencer.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert

 

 

 

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