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Boxe professionnelle

Young Perez, l'impossible oubli

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Le 18 Mai 2018

 

Le 15 mai, le pôle France de boxe de l’Insep était, comme chaque année désormais, le théâtre d’une cérémonie organisée par le Comité pour la mémoire des enfants déportés parce que nés juifs (CMEJD) en l’honneur de Victor Young Perez, ancien champion du monde, mort en 1945, victime de la barbarie nazie.
 
 
 
Charlotte Libert-Albanel et Patrick Beaudoin, respectivement maires de Vincennes et de Saint-Mandé, mais aussi des élus vincennois, fontenaisiens et saint-mandéens ou encore, Jacques Chiche et Gaëtan Micaleff qui s’entraînèrent tous deux à Tunis, dans la même salle que Victor Young Perez, avaient tenu à marquer de leur présence cette commémoration à la mémoire de ce héros français assassiné le 22 janvier 1945, au cours des tristement célèbres Marches de la mort. Les Allemands, alors assiégés de toutes parts par les Alliés, décidèrent en effet de faire évacuer les camps de concentration pour transférer les déportés à l’agonie en d’autres lieux. Victor Young Perez eut le tort de vouloir porter secours à ses camarades et de leur donner un peu de nourriture dans l’espoir de les aider à supporter l’insupportable. Une rafale de mitraillette nazie eut raison de son humanisme et de son altruisme.
 
Sa vie fut un roman et pas uniquement en raison de son statut de victime de la Shoah. Le natif de Tunis fut en effet sacré champion du monde des poids mouches en 1931, à vingt ans, grâce à sa victoire avant la limite face à Frankie Genaro. Un exploit qui fut son chant du cygne car les sirènes du succès, la vie mondaine, ses amours avec l’actrice Mireille Balin, ses défaites devant Panama Al Brown, son refus de rentrer dans sa Tunisie natale pour échapper aux affres de l’Occupation l’écartèrent tour à tour de l’ascétisme que requiert le noble art.
 
« A l’Insep, nous formons des champions mais aussi des citoyens »
 
Un court-métrage composé d’images d’époque, projeté au pied des rings où s’entraînent d’ordinaire les membres de l’équipe de France, retraça cette existence, vestige de cet autre monde aujourd’hui révolu. Sous les yeux des entraîneurs nationaux et du DTN, Patrick Wincke, ce furent les années Trente qui défilèrent avant de déboucher sur le précipice indélébile de la Seconde de Guerre mondiale. Raymonde-Rebecca Cukierman, fondatrice du Comité pour la mémoire des enfants déportés parce que nés juifs (CMEJD), en raconta l’un des épisodes les plus sombres : les rafles d’élèves juifs dans les établissements scolaires dont elle fut le témoin, à Paris.
 
Directrice générale adjointe de l’Insep en charge de la direction de la politique sportive, Audrey Perusin a rappelé l’éventail de la mission éducative de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance : « Quand on pense à l’Insep, on a toutes ses valeurs en tête : l’exigence, le don de soi, l’exemplarité, le courage. Mais les plus importantes sont l’humanisme, la solidarité, le partage et la diversité. C’est pour cela que nous sommes réunis ce soir : transmettre, ne jamais oublier, informer et le souci de cet indispensable devoir de mémoire. A l’Insep, nous formons bien évidemment des champions mais aussi des jeunes gens et des citoyens qui peuvent porter et défendre des valeurs qui sont chères à toutes et à tous. » Pour preuve, cette année, des élèves de terminale S se sont rendus, dans le cadre de leur scolarité, à Auschwitz et ont réalisé, à leur retour, un documentaire qui a été diffusé à leurs camarades. Histoire de faire, là encore, œuvre de pédagogie.
 
 
Par Alexandre Terrini

 

 

 

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