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Boxe professionnelle

Prestot sacré

Boxe professionnelle
Le 30 Avril 2018

 

Le 27 avril, à Massy, Anderson Prestot (21 v, 1 d) a conquis, devant son public, le titre national vacant des moyens en dominant le valeureux Kamel Abdesselam (16 v, 1 n, 12 d) par abandon à l’appel de la cinquième reprise. Un succès aux allures de nouveau départ.
 
 
Anderson Prestot, Ladoune pour les intimes, prenait les devants dès l’entame mais sans pour autant se ruer à l’attaque. Il boxait essentiellement en force, cherchant à placer sa droite dévastatrice et ses uppercuts. Conscient du péril, Kamel Abdesselam tournait, bloquait mais ne refusait pas pour autant le combat. Il s’efforçait de répliquer et, pour cela, misait sur sa vitesse pour ensuite désaxer immédiatement afin de ne pas s’exposer aux contres du Massicois. Il n’empêche, en dépit de sa vigilance défensive, il se faisait fréquemment toucher par Anderson Prestot qui visait le corps pour le forcer à baisser la garde et ainsi trouver l’ouverture en haut. Certes, le sociétaire du CSL Aulnay-sous-Bois, très vaillant, ne fuyait pas, encaissait gaillardement et répliquait mais de manière beaucoup moins puissante que son opposant. En face, le représentant de la communauté des gens du voyage poursuivait son travail de sape pour ne pas dire de destruction avec son gauche en guise de débroussailleur. Plus les rounds passaient, plus Kamel Abdesselam était dominé. Au point d’abandonner à l’appel de la cinquième.
 
 
Son entraîneur, Nasser Lalaoui, s’en explique : « Nous avions mis au point une stratégie qui consistait à toucher et à tourner tout en montant en rythme au fur et à mesure du combat. La tactique a bien fonctionné dans les deux premières reprises qu’à mon sens, Kamel a remportées. Ensuite, il a subi en n’étant que sur la défensive. Le problème, c’est que Kamel s’est préparé avec une blessure aux côtes et qu’Anderson l’a touché exactement là où il avait mal. Il était impossible de continuer tellement la douleur était importante. La voie de la sagesse commandait donc d’arrêter. C’était un pari. Anderson était le favori mais il y avait un coup à jouer. Nous n’avions pas souhaité déclarer forfait à quelques jours de l’échéance car un championnat de France, c’est important. Et puis nous ne voulions pas mettre les organisateurs dans l’embarras. »
 
La résurrection trois ans après
 
Coach du nouveau champion de France, Jacky Trompesauce savourait la résurrection de son protégé, battu aux points par Frank Haroche-Horta, dans ce même Centre omnisport de Massy, le 31 janvier 2015, pour le titre national super-welters, au terme d’une résistance homérique. S’en étaient suivis deux ans loin des rings pour soigner deux blessures aux épaules avant de ne reprendre le chemin de la salle qu’en février 2017.
 
 
« A la pesée, j’avais vu que Kamel avait une trace d’Elastoplast sur les côtes, raconte, en vieux briscard, le technicien essonnien. Anderson était au-dessus et archi-prêt. La stratégie consistait à donner son bras avant avec lequel il fait très mal. Anderson a retrouvé sa boxe initiale, en puissance. C’est sa qualité et il faut l’exploiter. La boxe à la Mayweather, ce n’est pas fait pour lui. Et puis les moyens sont sa vraie catégorie. Maintenant, il n’a plus de problème pour faire le poids. Je suis très satisfait de sa prestation. Il a fait le combat qu’il fallait faire. »
 
Par Alexandre Terrini

 

 

 

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