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Actu boxe pro

Tony Yoka convaincant

Boxe professionnelle
Le 08 Avril 2018

 

Le Français (4 v) a réussi à faire abstraction de ses démêlés extra-sportifs pour remporter sa victoire la plus probante chez les rémunérés aux dépens du valeureux Cyril Leonet (13 v, 3 n, 10 d), battu par arrêt de l’arbitre (5e), le 7 avril, au Palais des Sports de la Porte de Versailles, à Paris. En attendant la suite…
 
 
 
 
 
 
Vainqueur d’une courte tête à l’applaudimètre, Cyril Leonet enjambait les cordes du ring visiblement affuté. Tony Yoka, lui, avait le masque, celui d’un boxeur désireux de remettre les pendules à l’heure et de faire taire les sceptiques. Son entame ne laissait d’ailleurs planer aucun doute sur ses intentions. Il était mû par l’envie de bien faire, aussi vite que possible à la condition que ce soit avec panache, dans la lignée de ce que les puristes attendent de lui depuis son passage chez les professionnels.
 
 
 
 
 
 
Direct du gauche suivi d’une droite en piston ou plongeante : la recette n’avait rien de surprenant mais bien exécutée, elle se révélait d’une imparable efficacité. En face, le Limougeaud, quelque peu crispé, encaissait sans broncher lui qui n’est pas du genre à tomber au premier coup de semonce. Quand bien même était-il mieux entré dans le combat que son contradicteur, le champion olympique conservait sa prudence et prenait le temps de travailler avec son bras avant, tantôt en direct, donc, tantôt avec son jab.
 
 
 
 
 
 
En face, Aldo peinait à se libérer mais avait le bon goût de garder les mains bien hautes, ce qui incitait le Francilien à viser le corps pour les lui faire descendre. Loin d’être endiablé, le rythme n’était pas pour autant soporifique. Néanmoins, Cyril Leonet ne parvenait pas réellement à s’engager sur la seule voie qui s’offrait à lui devant un rival aussi grand : se rapprocher pour le toucher avec ses crochets. En effet, il ne réussissait pas à casser la distance et à déclencher de près. Il n’y avait qu’en sortie d’échange que, parfois, il touchait l’Yvelinois derrière l’oreille. Mais rien qui soit fondamentalement susceptible de changer la physionomie des débats.
 
« Je vous promets une très très grosse surprise cette année »
 
Du moins, le croyait-on car, à partir de la quatrième reprise, Aldo se décidait à moins reculer et à enclencher davantage la marche avant. Enhardi, il tentait véritablement sa chance et plaçait enfin des coups larges qui atteignaient par intermittence leur cible. Il incitait même son adversaire à en découdre. Ce dernier ne se fit pas prier pour honorer l’invitation avec malice. Alors que, dans le cinquième round, l’élève de Virgil Hunter avait fait mine d’accepter de tourner et de laisser quelques libertés à son opposant, il déclencha un gauche-droite pleine face qui envoyait son compatriote au tapis, lequel n’avait pas suffisamment récupéré pour repartir au front. La messe était dite.
 
 
 
 
 
 
Tony Yoka, qui souhaite, à présent, défier le champion de France, Raphaël Tronché, pouvait lever les bras au milieu de l’arène avant de savourer sans excès de triomphalisme son succès au micro de Canal+ : « Je voudrais remercier tout le monde, tous ceux qui sont venus aujourd’hui. Sans vous, cela ne serait pas possible. Cela a commencé ici, au Palais des Sports, il y a deux ans. Cyril est un grand champion. En France, nous avons pas mal de boxeurs sous-cotés, qui ne sont pas dans la lumière. Ce soir, il a eu à cœur de prouver que c’est un grand champion et je voudrais le remercier pour ça. Félicitations à Cyril. Il fallait que je m’impose. Je bosse beaucoup, à neuf mille kilomètres de ma famille. Ce n’est pas facile. J’ai été l’objet de beaucoup de questions. Au lieu de répondre de la mauvaise manière, j’ai préféré répondre ici. Je vous promets une très très grosse surprise cette année. »
 
 
 
 
 
 
Bien qu’au comble de la déception, Cyril Leonet faisait, lui aussi, montre de sportivité et d’une grande élégance : « On avait mis en place une stratégie qui consistait notamment à éviter le maximum de coups. Dix rounds, cela m’arrangeait. Le plan commençait à marcher. J’essayais de le contrer mais je n’ai pas vu arriver sa droite qui m’a surpris. On est chez les poids lourds… Je n’ai pas récupéré. Tous ceux qui croyaient en moi, excusez-moi. Je n’ai pas fait le travail. Tony est un champion. Il l’a démontré ce soir et j’espère qu’il ira au bout de sa conquête. »
 
 
 
 
 
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédit photos - KDLP/Ringstar

 

 

 

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