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World Series of Boxing

Les Coqs bien partis

Boxe professionnelle
Le 04 Février 2018

 

Les Fighting Roosters ont réussi leur entrée en WSB, le 2 février, dans leur antre de la Salle Wagram, à Paris, en battant les British Lionhearts (3-2). Une entame probante qui va leur permettre d’aborder la suite de la compétition sereinement.
 
 
 
 
 
 
C’était aux mi-mouches (-49 kg) qu’il revenait de lancer les débats. Très volontaire, le sociétaire des Fighting Roosters, Samuel Carmona, se montrait d’entrée entreprenant mais éprouvait, par moments, des difficultés à cadrer Galal Yafai. Il avait en outre trop tendance à ne travailler que sur deux coups, si bien que le Britannique, plus mobile et plus fin tactiquement, n’éprouvait guère de difficultés à esquiver la plupart des offensives de l’Espagnol. Cependant, ce dernier, à force de débiter, parvenait à toucher, essentiellement en sortie d’échange. Sa capacité à être sans cesse sur son adversaire afin de l’étouffer avec ses crochets courts et ses uppercuts commençait à payer. D’autant que le fausse-garde anglais, certes plus varié dans sa boxe et capable de déclencher de plus loin, en particulier au corps, n’était, à l’évidence, pas le plus puissant. Avec son sourire en coin, il tombait parfois dans la facilité au lieu de faire preuve de davantage de vigilance. Un pécher d’orgueil synonyme d’une certaine perméabilité défensive et qui l’empêchait de faire la différence en dépit de sa rapidité et de sa fluidité gestuelle. En outre, sa tendance à ne pas désaxer autant qu’il le devait le contraignait à se laisser engluer dans le mano a mano de près que lui imposait l’Ibère, rude et dont la vaillance était récompensée par les juges (49-46 48-47 48-47).
 
 
 
 
 
 
Bien lancés, les locaux comptaient sur Samuel Kistohurry (-56 kg) pour faire le break. Pour cela, ce dernier engageait un duel de loin censé lui permettre de tirer tout le parti de son allonge supérieure. Seulement, en face, Peter McGrail ne s’en laissait pas compter et raccourcissait la distance afin d’exploiter sa vitesse de bras et de placer des séries précises. Plus mobile et soignant ses remises, l’Anglais mettait parfois dans le vent le Français pas toujours suffisamment incisif, ce qui incitait Brahim Asloum à le sermonner pour qu’il se comporte en patron sur le ring : « Lâche toi ! Ne baisse pas de régime ! Sois explosif ! ». Les conseils étaient les bons et l’Aquitain avait le mérite de les suivre en lâchant notamment sa droite plongeante. En revanche, dès qu’il levait le pied, le pugiliste de Liverpool en profitait pour placer des crochets en alternant savamment les zones de frappe. On sentait Samuel Kistohurry en mesure de faire la différence. En effet, dès qu’il appuyait ses coups et qu’il imprimait des changements de rythme, il débordait son contradicteur. Lequel écopait, de surcroît, d’un avertissement pour accrochages répétés qui confortait le succès du Tricolore (48-46, 47-47, 49-45).
 
Trimech encore décisif
 
Devant son public, le super-léger Fontenaysien Massi Tachour avait, pour sa première apparition en WSB, l’opportunité d’apporter le troisième point à la franchise tricolore, synonyme de délivrance. Nullement impressionné par les circonstance et l’enjeu, il entamait la confrontation sans prendre le temps de s’accorder un round d’observation, Très compact, avançant en battant organisé, les mains bien hautes, il imposait un train d’enfer à Luke McCormack, pourtant champion d’Europe des moins de 22 ans. Comment ? En préparant consciencieusement ses attaques à l’aide de son bras avant pour ensuite enchaîner au corps et remonter à la face. L’Anglais comprit alors que le mieux était de garder ses distances, histoire de pouvoir utiliser à satiété ses longs segments et de rester hors de portée des répliques du Francilien. Il y paverait dès la deuxième reprise quand bien le Val-de-Marnais s’évertuait-il à retrouver le fil de son plan de bataille initial : faire le pressing, coller le sujet de Sa Gracieuse Majesté et trouver l’ouverture en lui martelant les flancs avant de le toucher derrière les gants, au niveau de l’oreille. Mais il en fallait plus pour ébranler l’expérimenté Luke McCormack qui même lorsqu’il acceptait le bras de fer et de durcir le combat, se montrait le plus précis et prenait ainsi Massi Tachour à son propre jeu. Dans le quatrième round, les débats atteignaient une intensité spectaculaire, laquelle était à l’avantage de l’Anglais. Non seulement, celui-ci délivrait les coups les plus nets mais c’est lui qui avait le moins de déchet dans sa boxe. Sa maîtrise autant que son efficacité étaient logiquement récompensées sur les bulletins des juges (47-48, 46-49, 46-49).
 
 
 
 
 
 
Habitué à être décisif en WSB, Nizar Trimech (-75 kg) avait les faveurs des pronostics face à Eumir Felix Delos Santos Marcial. Le fausse-garde philippin se révélait en effet assez vite brouillon et désordonné. Si bien que le Français le contrait avec son bras avant dès qu’il déclenchait ou bien prenait lui-même l’initiative, à distance, avec son bras arrière. Toutefois, au fil des minutes, le visiteur se libérait mais se découvrait systématiquement dès qu’il partait à l’abordage. Si bien qu’il se faisait cueillir par la droite du Rhônalpin, lequel n’avait qu’à s’engouffrer dans la brèche. C’est en effet l’élève de Saber Bouzaiane qui avançait avec son jab du bras avant en piston pour ensuite enchaîner. Seul bémol à la prestation de l’ancien champion de France amateur, une main droite un peu basse qui l’exposait à des coups inutiles. Bien que sans cesse le plus entreprenant, Nizar Trimech semblait chercher un second souffle et puiser quelque peu dans ses réserves. Néanmoins, il ne se désunissait pas gestuellement et continuait à inscrire les points qu’il fallait, tantôt au corps tantôt au visage. Il recevait les félicitations de Brahim Asloum - « C’est bien ! Bravo ! » - à l’annonce de son succès mérité (49-46, 48-47, 48-47) qui signait par là même celui des Fighting Roosters.
 
 
 
 
 
 
Pour conclure, le Bulgare Kristiyan Stefanov Dimitrov (-91 kg) avait la lourde tâche de recevoir la réplique du prometteur Néozélandais David Kieran Nyika. Si, sur le papier, l’élégant l’Océanien était favori, il se rendit vite compte que la partie ne serait pas si simple car bien que plus frustre dans sa boxe, le représentant des Fighting Roosters chargeait comme un taureau, droit devant avec des crochets larges pour se dégager le chemin. Simple mais efficace quand bien même le multiple champion de Nouvelle-Zélande ne se répartissait pas de son flegme, encaissant sans broncher tout en étant toujours aussi alerte sur les jambes. Toutefois, il semblait quelque peu avare de ses efforts. Conscient qu’il commençait à y avoir péril en la demeure, il se mit enfin à passer la surmultipliée à partir de la troisième reprise. Quand bien même n’imprimait-il pas des accélérations dévastatrices, sa plus grande palette technique l’aida grandement à prendre les devants, en particulier ses uppercuts, ses directs du bras arrière et sa belle faculté à frapper en mouvement après des esquives rotatives. Suffisant pour faire la différence (47-48, 45-49, 46-49) quand bien même pouvait on déplorer un manque de rigueur et d’entrain qui l’empêchèrent de réaliser la prestation que le public était en droit d’attendre de lui.
 
 
 
 
 
 
Qu’importe tant l’essentiel était ailleurs : les Français avait dompté, à domicile, leurs meilleurs ennemis. Il le fallait impérativement pour pouvoir rêver des play-offs et de mieux encore.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédit photos - Karim de la Plaine

 

 

 

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