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Boxe professionnelle

Tronché, c'est du lourd

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Le 12 Novembre 2017

 

Le Nordiste (9 v) est devenu champion de France des poids lourds en détrônant aux points, à l’unanimité des juges, (97-93, 96-94, 96-94), Cyril Leonet (12 v, 3 n, 9 d), le 11 novembre, au Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines. A vingt-huit ans, sa carrière est désormais lancée.
 
 
Ce championnat de France était très attendu d’autant qu’il avait été plusieurs fois repoussé pour cause de blessure et de contretemps lié à son organisation. Il avait surtout le mérite de proposer une opposition crédible entre deux pugilistes de valeur, l’aîné étant désireux de conserver son bien pour prouver qu’il pouvait légitimement aspirer à une opportunité continentale, le cadet voulant s’accaparer le sceptre national, histoire de confirmer les espoirs placés en lui par ceux qui estiment qu’il est doté d’un potentiel prometteur entre seize cordes.
 
Bref, l’enjeu était de taille, ce qui explique sans doute que les hostilités aient démarré sur un faux rythme. A ce petit jeu, c’est le tenant qui avançait et tentait d’enchaîner sur deux coups, gauche droite, tandis que le challenger tournait et donnait à satiété son jab du bras avant pour tenter de le contrer. On le sentait plus puissant que Cyril Leonet. Cependant, il ne se montait pas suffisamment actif pour creuser l’écart. Son nouveau coach, Joseph Germain, qui a succédé à Thierry Jacob, le sommait d’ailleurs d’être plus tranchant et le poussait à se libérer. Le Nordiste ne s’y résolvait que sporadiquement, son année d’inactivité durant laquelle il n’a pas disputé le moindre combat, le contraignant à ne retrouver que progressivement ses marques.
 
Et Raphael Tronché opta pour une stratégie conforme à ses réelles capacités
 
Aucun des deux protagonistes ne se livrait à un travail de feinte, si bien que, de part et d’autre, les offensives étaient assez prévisibles tant elles manquaient en amont de préparation pour ne pas dire de construction. Toutefois, dans les reprises initiales, c’est le champion qui trouvait davantage l’ouverture avec deux crochets gauches assénés dans la première reprise puis par des accélérations des deux mains dans la suivante. Plus entreprenant, il marquait les touches les plus nettes tandis que le Calaisien s’obstinait à attaquer en ligne, permettant à Cyril Leonet de bloquer relativement aisément. Un brin provoquant, ce dernier incitait même son contradicteur à continuer de le frapper.
 
Ce que ce dernier, le prenant au mot, fit. Si bien que dans le cinquième reprise, la physionomie du duel changea assez brutalement. Raphael Tronché opta enfin pour une stratégie plus conforme à ses réelles capacités. Non seulement il se décida à enclencher à son tour la marche avant mais il imprima de surcroît des changements de rythme qui firent leur effet d’autant qu’il eut le bon goût d’alterner les zones de frappe. Mieux, il travaillait sur des séries de trois à quatre coups qui prenaient de court son adversaire. Plus incisif et plus déterminé, il misait sur ses crochets derrière l’oreille pour malmener le Limougeaud qui reculait et était parfois contraint de s’accrocher quand il se retrouvait dos aux cordes. Pour la première fois au cours de ce match qui devenait plaisant, l’un des deux boxeurs prenait un véritable ascendant. Dans la septième, un uppercut de plein fouet puis une grêle de coups s’abattirent sur Cyril Leonet qui, toujours aussi vaillant, donnait le change en souriant et en faisant mine de ne pas être ébranlé.
 
Cyril Leonet estime en avoir fait suffisamment
 
Pire, il était à l’évidence en quête d’un second souffle et semblait émoussé physiquement. Encore une fois, parce que son métier dans le bâtiment ne lui permet pas de s’entraîner et surtout de se ménager autant de plages de récupération qu’il le devrait. Toujours est-il que sur le ring du vélodrome saint-quentinois, il se mit à faire de la résistance, fidèle à lui-même, avec un courage jamais pris en défaut bien qu’il fût parfois contraint de passer les mains pour endiguer les assauts de son impétueux rival. Lequel faisait parler sa frappe et délivrait des droites plongeantes qui atteignaient leur cible.
 
Malheureusement, la fin du duel était trop décousue, Raphael Tronché ayant une fâcheuse tendance à se ruer tête en avant quand le champion ne refusait pas de le ceinturer même s’il continuait de répliquer. Se sachant en retard, Aldo ne retrouvait ses qualités que dans l’ultime opus. Précis, offensif, désaxant en sortie d’attaque pour ne pas s’exposer comme jusque-là à force de ne pas être assez mobile, il fit trop tard ce qu’il aurait dû faire avant s’il en avait eu les moyens physiques.
 
Ce dont les juges prirent acte en octroyant leurs faveurs au challenger qui accueillit la décision par un magnifique salto arrière, sans élan s’il vous plaît. Déchu de sa couronne, le vaincu estimait, de son côté, en avoir été injustement spolié et s’être suffisamment démené pour mériter de la conserver.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert

 

 

 

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