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Boxe professionnelle

Guerfi en démonstration

Boxe professionnelle
Le 14 Octobre 2017

 

Le champion d’Europe des coqs (26 v, 3 d) a été étincelant sur le ring de la Sud Arena de Montpellier, le 12 octobre. Il a en effet conservé son titre continental avec panache en dominant, par jet de l’éponge (8e), le valeureux Belge Stéphane Jamoye (32 v, 8 d).
 
 
 
 
 
Les deux hommes, qui s’étaient déjà affrontés, ceinture EBU en jeu, en septembre 2013, outre-Quiévrain, avec, à la clef, une victoire surprise du Français, étaient tous deux à un tournant. Le vaincu avait en effet de fortes chances de voir son avenir entre seize cordes fortement s’obscurcir.
 
 
 
 
 
Conscient qu’un revers hypothèquerait ses rêves de grandeur, Karim Guerfi entamait les hostilités comme on l’attendait : en faisant parler sa formidable aisance gestuelle et sa rapidité. Brillant, il passait en revue toute la panoplie du parfait pugiliste. Jabs, uppercuts, directs du bras avant, remises en crochet, pas de côté pour désaxer : alors qu’il n’avait plus boxé depuis un an, il rentrait immédiatement dans le vif du sujet en trouvant d’emblée ses marques.
 
Allier boxe toute en mobilité et toute en efficacité
 
Le deuxième round remodelait quelque peu la donne mais de façon éphémère. D’abord parce que le Belge, à l’évidence parfaitement préparé, continuait d’encaisser sans broncher et à avancer au pas de charge. Ensuite, parce que le Manosquin, certes toujours aussi supérieur techniquement, ne déclenchait pas toujours à bonne distance. Quand il partait de trop loin, il avait tendance à se jeter ; lorsqu’il était trop prêt, il se faisait contrer, notamment par une droite au cou qui le contraignit à reculer.
 
 
 
 
 
Mais, dans l’ensemble, c’est l’Azuréen qui prenait l’avantage et creusait l’écart. Il réussissait en effet à allier boxe toute en mobilité et toute en efficacité. L’une de ses forces était sa capacité à être en mouvement en restant bien campé sur ses appuis. Son coup d’œil faisait le reste. Par moments, disons-le, le Français faisait montre d’une classe folle, multipliant en particulier les esquives d’école. Il trouvait systématiquement l’ouverture tantôt sur un coup, tantôt en séries, et avait l’intelligence de varier les zones de frappe, visant le corps avant de remonter à la face.
 
Une esbroufe qui ne trompait personne 
 
Besogneux mais d’une formidable résistance, le challenger s’obstinait à avancer droit devant sans feinter, qu’importe que sa pommette gauche fût passablement tuméfiée et sanguinolente. Il en demandait même encore. Une esbroufe qui ne trompait personne : à force de s’empaler sur les droites du Provençal, il ressemblait de plus en plus un robot incapable d’innover et de faire preuve d’une once de créativité. Ses coups larges en ligne des deux mains étaient aisément bloqués par le tenant qui répliquait comme à la parade avant d’accélérer à chaque fin de reprise. Du très grand art au point d’espérer que le coin du challenger ait la lucidité de jeter l’éponge pour préserver l’intégrité physique du visiteur. Et, qu’à défaut, l’arbitre prenne l’initiative de mettre un terme à ce duel par trop déséquilibré. C’est finalement l’entraîneur du Liégeois qui eut la sagesse de trancher.
 
 
 
 
Karim Guerfi, auquel Stéphane Jamoye eut la suprême élégance de remettre la ceinture, pouvait exulter. Il venait de jouer une partition parfaite qui l’autorise à voire grand et à briguer une chance mondiale, lui qui est désormais classé numéro trois par la WBC. A l’heure où beaucoup militent pour un duel franco-français explosif face à Nordine Oubaali, numéro sept de la même fédération, il se dit prêt à relever le défi mais à la seule condition que le titre suprême soit en jeu, ce qui demeure sa priorité à un âge - trente printemps - où il sait qu’il ne peut plus lambiner en chemin.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédit photo : Karim de la Plaine

 

 

 

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