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Karim Aliliche a rugi

Boxe professionnelle
Le 11 Juin 2017

 

Le 10 juin, à Deauville, le Lion de l’Atlas (10 v, 2 n, 6 d) a conservé sa ceinture nationale des welters en dominant aux points, à l’issue d’une décision partagée (96-94, 96-94, 94-96), Souleymane M’Baye (42 v, 1 n, 6 d) qui, pour l’occasion, tirait sa révérence. Chapeau à eux deux.
 
 
A quarante-deux-printemps. Souley voulait « fermer la boucle » et inscrire un peu plus son auguste patronyme dans l’histoire de la boxe tricolore en étant le premier ancien champion du monde à redevenir champion de France. Une fin de parcours à rebours aux allures de passage de témoin, destinée à montrer à la nouvelle génération qu’avec la motivation, l’envie et le sérieux, tout est possible par-delà le poids des ans. Avec, cerise sur la gâteau, un ultime clin d’œil aux apôtres d’une intégration réussie, lui le Franco-sénégalais monté sur le ring paré d’un boubou africain… bleu, blanc, rouge et d’un short pour moitié aux couleurs du Sénégal, pour l’autre, à celles de la France. L’homme a du bon goût et de non moins bonnes idées. Karim Aliliche, lui, ambitionnait davantage de s’ouvrir des portes en s’adjugeant une victoire qui serait forcément prestigieuse mais également porteuse, tant médiatiquement que sportivement. Entre l’un et l’autre, issus du pieds-poings, du respect et de la considération, bref, tout ce qui sied à des gentlemen, bien loin des provocations stériles dans lesquelles leurs acolytes parfois se complaisent inutilement.
 
 
Tout commençait pourtant mal pour le tenant puisqu’un direct du gauche du challenger lui ouvrait l’arcade sourcilière droite dès le premier round. D’ailleurs, c’est ce dernier qui faisait la meilleure impression en ce début de confrontation malgré des accrochages qui nuisaient à la prestation d’ensemble des duellistes. Les vestiges intacts de sa boxe d’antan, fluide et inspirée, ainsi que sa gestuelle aussi élégante qu’efficace, toujours dans le temps, faisaient toujours merveille. Même s’il a quelque peu perdu en vitesse, et encore, le Francilien marquait de précieuses touches grâce à des crochets droits d’une précision chirurgicale et à des uppercuts d’école. D’autant que défensivement, il s’exposait a minima, prenant soin de conserver une garde hermétique et d’effectuer le pas de retrait qui s’imposait.
 
« Souleymane représente beaucoup aux yeux des jeunes »
 
Seulement, la mi-combat sonna la rébellion du champion et sa prise de pouvoir progressive. Mû par une détermination sans faille, il voyait son travail de sape commencer à porter ses fruits. Alors que durant les premières reprises, ses coups lourds étaient le plus souvent bloqués, ils commençaient enfin trouver à leur cible, que ce fussent les flancs ou le visage de son aîné. Le Palois avait l’immense mérite d’être entreprenant sans être brouillon, de ne pas se désunir pour mieux tirer le parti des ouvertures qui s’offraient à lui. De fait, Souleymane M’Baye força quelque peu sa nature en acceptant le bras de fer de près, lui non plus sans sombrer dans une boxe décousue de bagarreur qui n’a jamais été la sienne. Il y parvint car ses remises et son coup d’œil lui permirent de faire douter son rival. Néanmoins, c’est le Pyrénéen qui se montrait, d’une courte tête, le plus actif et qui imprimait son rythme à une confrontation des plus indécises comme en atteste le verdict.
 
 
Lequel ne suscita aucune protestation du vaincu qui, devant les caméras de L’Équipe TV, ne se départait pas de son panache dans la défaite : « C’est dur à encaisser mais c’était serré. Il a mis beaucoup de coups hasardeux mais ce n’est pas un vol manifeste. Je voulais réaliser une prestation en allant au bout de moi-même. Il a été là. Bravo champion ! » Karim Aliliche n’était pas en reste et trouva, lui aussi, les mots : « C’est magnifique. Je m’attendais à un combat difficile. Tout le monde dit qu’il est fini. Ce n’est pas vrai. Il est encore là. Il a le métier, le vice et l’expérience. J’ai voulu durcir les débats mais j’ai senti son intelligence dans sa façon boxer. Je savais qu’il ne pourrait pas faire dix rounds à ce rythme-là. Il m’a beaucoup touché dans les bras. Cela s’est joué à peu de choses mais pour détrôner un champion en titre, il faut en faire plus. Souleymane représente beaucoup aux yeux des jeunes. Revenir à quarante ans, c’est un sacré challenge. C’est un grand champion. » Vrai.
 
Par Alexandre Terrini
 
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
 
Crédits images : DR

 

 

 

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