Flux RSS
flux RSS - l'info en continu
Club Boxeurs-EntraîneursCodes SportifsBourse emploi boxeLédito du présidentLes formationsFrance BoxeInfo boxe

Jérôme Thomas jette la bouteille à l'amer

Boxe professionnelle
Mardi 21 février 2012

En annonçant son retrait des rings dimanche dans Stade 2, le Saint-Quentinois Jérôme Thomas a vidé son sac et ému la France. Son entourage a diversement apprécié. « La boxe m'a fatigué. Je suis usé, désabusé. Je méritais mieux pour finir. J'aurais pu être respecté mieux par la boxe professionnelle. » Jérôme Thomas a les larmes aux yeux, dimanche soir, lorsqu'il prononce ces mots sur le plateau de Stade 2.

Le doublé médaillé olympique vient d'annoncer officiellement sa retraite des rings, trois ans après avoir embrassé la carrière professionnelle. Battu sèchement par Hassan Azaouagh, le mois dernier au Maroc, le Saint-Quentinois « sort par la petite porte » comme dit Dominique Nato, son mentor. En quatorze combats, « Ciccio » s'est fait une idée de la boxe professionnelle. Jusqu'à se laisser aller à une lourde parabole. « La boxe pro, c'est de la prostitution, ose-t-il. Autour du ring, des proxénètes et nous des catins qui boxons pour quelques euros. » De son canapé, Pascal Cordier, président du BC Saint-Quentin et organisateur des soirées pugilistiques saint-quentinoises, encaisse. « Evidemment que je me suis senti visé, soupire-t-il. Mais ni le BCSQ ni la ville ne l'ont laissé tomber. On l'a embauché au club il y a trois ans quand il est passé pro. »

« Jérôme a été plus riche amateur que professionnel »

« À part faire le ménage, je ne fais pas grand-chose », déplore sur France 2 Jérôme Thomas, engagé à l'origine pour mener à bien des missions de formation, de gestion administrative du BCSQ, et d'entretien de la salle. « On est allé d'échec en échec, regrette Cordier. Mais je l'ai gardé sous contrat et aujourd'hui, il ne veut plus nettoyer la salle. Ça n'a pourtant rien de dégradant. Des tas d'employés de la ville le font dans leur gymnase et ils ne touchent pas 2 500 € brut par mois. »

 

« Ce salaire, ça ne me choque pas, défend son grand frère Cyril, ex-champion d'Europe professionnel. Des Jérôme Thomas, avec un palmarès comme le sien, on n'en trouve pas à tous les coins de rue. Et puis je crois que tout ce qu'il a dit dimanche, tous les boxeurs se retrouvent là-dedans. À partir de là, pourquoi continuer à appeler ça de la boxe professionnelle ? » Devant les caméras, Jérôme Thomas a poussé un cri de douleur personnel, et celui d'une discipline à bout de souffle, éliminée des programmes des télévisions. « France 2 a fait un petit coup de sensationnel, mais que fait le service public pour la boxe ?, demande Pascal Cordier. Pourquoi France Télévisions ne retransmet-elle pas de la boxe, même en décrochage sur ses chaînes régionales ? Et pourquoi n'engagerait-elle pas Jérôme comme consultant pour les Jeux de Londres ? »

 

« Jérôme a été plus riche amateur que professionnel, remarque André Martin, le responsable national de la boxe amateur. Quand tu es dans l'euphorie de la gloire, tu crois que rien ne peut t'arriver. Il n'a pas assuré ses arrières. » De son ministère, hier, Xavier Bertrand, le maire de Saint-Quentin, a communiqué avec Dominique Nato et Pascal Cordier. Finalement, Jérôme Thomas est parti par la petite porte. Mais elle a claqué très fort.

Par Éric Jonneau

Source : Le Courrier Picard

Crédit images : Denis Boulanger / Presse Sports

 

Share |