Le 3 mars, le Guadeloupéen défiera, en Allemagne, Vladimir Klitschko, titres WBA, IBF et WBO des lourds en jeu. Il s’est efforcé de mettre tous les atouts de son côté, conscient qu’un succès rejaillirait également sur l’ensemble de la discipline dans l’Hexagone.

« Comment avez-vous géré le report du combat suite à la blessure au rein de Vladimir Klitschko ?
- Au début, j’ai eu un peu de mal à l’accepter mais aujourd’hui, cela va mieux. On finit par relativiser. Je dirais que c’est un mal pour un bien. J’ai fait une coupure de dix jours pendant les fêtes avant de recommencer tranquillement la préparation en janvier. Le camp d’entraînement à proprement parlé a débuté le 23 janvier dernier. Il durera cinq semaines. Je pense qu’avec ça et l’entraînement que j’avais déjà suivi l’année dernière, cela ira.
- Allez-vous conserver l’Américain Kevin Rooney comme entraîneur ?
- Oui, toujours.
- Il n’a donc pas hésité à accepter de continuer à vous préparer…
- Non, bien sûr.

- Que vous a-t-il déjà apporté lors de votre première collaboration, il y a quelques semaines ?
- Une véritable mobilité du buste et de la tête ainsi que de nouveaux enchaînements.
- Vous a-t-il fait progresser autant que vous l’espériez ?
- Je pense que c’est déjà pas mal puisque nous n’avons passé que quatre semaines ensemble. Là, nous allons avoir plus de temps pour travailler. Je serai encore plus exigeant avec lui.
- Comment avez-vous tiré parti du report du combat dans la programmation de votre préparation ?
- Encore une fois, au début, j’ai forcément été déçu parce j’étais bien préparé dans la mesure que cela faisait un bout de temps que je m’entraînais. Puis, je me suis dit que cela allait me permettre d’en faire encore plus et d’aborder des points que je n’avais peut-être pas vus. Je me suis donc remis au boulot et tout se passe bien.
- Justement, sur quoi allez-vous mettre davantage l’accent ?

- Je vais peut-être travailler encore plus le fractionné sur des laps de temps assez courts de trente secondes environ, ce que je n’avais pas tellement pu faire en novembre dernier. Je vais également mettre davantage les gants d’autant que comme la forme est là, je vais pouvoir enchaîner les séances de sparring et me concentrer sur le spécifique boxe.
« Faire des mises de gants avec de bons sparring-partners »
- Avez-vous envisagé d’entamer un nouveau cycle de travail avec Stéphane Caristan qui a assuré une partie de votre préparation physique ?
- J’alterne. Au début, j’ai beaucoup été avec Stéphane. Ensuite, j’ai enchaîné avec Fred Roualen qui est toujours mon préparateur physique et avec lequel je continue à collaborer. A la mi-janvier, je n’avais pas encore revu Stéphane.
- Allez-vous continuer le travail de pied et d’appuis initié avec lui ?
- Non. Je pense que nous allons changer et ne pas rester cantonnés aux mêmes choses. Maintenant, c’est de l’acquis car on a bossé cet aspect-là pendant environ trois semaines. Je vais plutôt insister sur la vitesse, en particulier en effectuant des exercices avec un médecine-ball.

- Globalement, en quoi consistent les séances de physique ?
- Nous travaillons plus la musculation spécifique et la force mais toujours en fonction de mon poids de corps. Je fais, par exemple, beaucoup de rameur et d’exercices dans les escaliers.
- Justement, à quel poids comptez-vous monter sur le ring ?
- Je ne sais pas. Probablement aux alentours de 98-99 kilos d’autant qu’actuellement, je suis à 100 kilos.
- Allez-vous disputer un combat de préparation ?
- Non car il est trop tard pour ça. J’ai eu envie d’en faire un mais les fêtes de fin d’année ont contrecarré mes plans. Et, à présent, ce n’est plus le moment. Il est préférable de faire des mises de gants avec de bons sparring-partners.

- Justement quels seront ils ?
- On verra. Il y en aura deux ou trois. Je pense que l’on va prendre un Anglais et un Américain.
- Qui ?
- Pour l’instant, je n’ai pas de nom. En tout cas, je ferai l’effort nécessaire pour qu’ils soient de qualité. Nous avons déjà commencé à en contacter certains. A moins qu’il y ait une cabale montée contre moi, je pense que cela ira.
« Il n’y pas de raison pour que je ne continue pas à organiser »
- Allez-vous également solliciter des Français, en particulier Johann Duhaupas et Newfel Ouatah ?
- En fin d’année, j’avais proposé à Newfel Ouatah de venir mais cela n’avait pas pu se faire. Je pense donc que je vais continuer avec des sparring-partners étrangers.

- Lucien Dauphin sera-t-il également dans votre coin ?
- Oui, toujours. C’est un ami fidèle. Il sera donc là.
- Comment gérez-vous le stress ? Etes-vous serein ?
- Aujourd’hui, je n’y pense pas du tout car le jour J est encore loin. Durant la préparation, j’aurai surtout à cœur de bien mettre en application ce que je devrai faire et de bien réussir mes entraînements. Pour le reste, je verrai le moment venu.
- Quid de la réunion que vous deviez organiser à Thiais en fin d’année dernière ?
- On l’a annulée parce qu’il y a eu des blessés, notamment Julien Marie-Sainte et Cédric Vitu. Pour l’instant, je me concentre exclusivement sur mon championnat du monde. Une fois que ce sera passé, il n’y pas de raison pour que je ne continue pas à organiser. J’espère gagner contre Klitschko et que cela contribuera à relancer la boxe en France mais aussi à ce que les boxeurs puissent disputer plus de combats et à ce que les diffuseurs se disent qu’il y a des choses à faire en boxe ».
Propos recueillis par Alexandre Terrini
Crédit images : Denis Boulanger/Presse Sports