Quand la Bible du noble art s’empare du micro

Il y met régulièrement du cœur, de la science, de la connaissance et de la fluidité dans le verbe. Jean-Pierre Cossegal n’oublie pas d’être élégant lorsqu’il présente, micro en mains, les différents galas de boxe dans l’Hexagone. Sans faire injure à ses camarades, il est le meilleur speaker français en activité. Sa passion pour la boxe lui a été transmise par son père qui l’emmena assister à son premier gala en 1964. Il n’avait pas encore 8 ans. Jean-Pierre Cossegal pratiqua ensuite ce sport de 15 à 18 ans, avec à son actif 12 assauts scolaires et 17 combats amateurs. Né à Paris, ce directeur d’exploitation dans l’alimentaire présente environ 90 réunions par an depuis le 24 avril 1999. Il s’agit d’un vrai travail thématique en fonction des combats où il mêle histoire du noble art, actualité pugilistique, animation et enthousiasme à transmettre au public.
Un speaker très sollicité
Huit heures de préparation pour un gala, tel le tarif habituel pour cet éternel passionné de boxe devenu incollable sur son sport. Aussi, ses compétences étant reconnues, il n’est guère étonnant que Jean-Pierre soit très sollicité, notamment par le promoteur Gérard Teysseron qui fait régulièrement appel à ses services. Interrogé sur l’évolution de ce sport si intransigeant, Jean-Pierre Cossegal nous confiait son analyse : « L’après-Bouttier fut un virage difficile à amorcer. On voyait à l’époque de grandes affiches, les championnats étaient des évènements, on sentait de l’électricité dans l’air. Aujourd’hui, c’est plus aseptisé. La presse écrite a progressivement délaissé la boxe. Les boxeurs privilégiant leur palmarès ont commencé à ne plus vouloir se rencontrer. Du coup, la boxe n’intéresse malheureusement plus grand-monde. Elle a perdu en impact et notoriété. »
« Redonner le goût de la boxe »
Jean-Pierre Cossegal donne ainsi beaucoup de son temps et de sa personne sur les différents rings des pays francophones. Il reçoit aussi énormément et s’en explique : « J’ai en souvenir la sollicitation de Malik Bouziane qui avait changé la date de son combat pour que je puisse le présenter, mais aussi Daouda Sow qui m’avait réservé une suite de 116 m² ou encore Gaëlle Amand qui avait tenu à ce que je sois là. Cela fait chaud au cœur d’être autant considéré. La grande famille de la boxe me remercie souvent alors que c’est moi qui devrais le faire tant elle me le rend en retour. » La superstition gagne aussi souvent les boxeurs et nombre d’entre eux lui ont confié qu’il leur donnait la « pêche ». Jean-Pierre aime s’inspirer du contexte d’une soirée et essaie, selon ses propres termes, de « redonner le goût de la boxe » aux spectateurs, de « mettre en valeur le travail des organisateurs, entraîneurs et boxeurs ». Le speaker francilien fonctionne sous un schéma simple : le premier organisateur à qui il donne son accord pour une soirée peut compter sur lui. « La parole vaut l’homme sinon l’homme ne vaut rien » ajoute-il. Cossegal ne transige pas sur les principes et doit aussi savoir s’adapter. Ainsi, il lui a fallu pallier certains contretemps, comme ce gala à la Halle Carpentier où le public dut patienter 25 puis 45 minutes avant le combat de Cyril Bellanger. C’est tout un art d’improviser après avoir travaillé son sujet et de capter l’attention du public, voire mieux encore : le sublimer.

Marqué par le choc Lamare-Mathis et le retour de Monshipour
S’étant fait connaître comme speaker de gala de boxe, Jean-Pierre Cossegal a depuis élargi sa palette. Savate, full contact, catch et défilés de mode furent au menu, tout comme le concert de Yannick Noah à Genève en janvier 2010. Jean-Pierre souhaite désormais se consacrer uniquement à la boxe anglaise, son emploi du temps étant des plus chargés. Certaines rencontres l’ont enrichi, notamment celles avec les boxeuses Lamare, Mathis, Amand, Chomaz, Ourahmoune… ou encore Julien Lorcy, Cyril Bellanger et Khedafi Djelkhir chez les garçons. Il en oublie forcément et fut notamment marqué par le championnat du monde Lamare-Mathis mais aussi par le retour de Mahyar Monshipour. Il présenta d’ailleurs son dernier championnat du monde perdu face à Anselmo Moreno.
« Il faudra compter avec Ibnel Arrami »
Jean-Pierre Cossegal était présent ces derniers temps lors de grands rendez-vous ; du championnat du monde féminin remporté par Myriam Lamare au duel El Massoudi-M’Baye sur la place marocaine Jemaa El Fna en passant par les défenses de titre victorieuses de Faïsal Ibnel Arrami. Concernant ce dernier, Jean-Pierre était au micro lors de ses victoires face à Jérémy Ouanna et Christophe Dettinger. Il estime qu’« il est l’homme en forme du moment, le boxeur français qui monte ! Il va falloir compter avec lui en 2012 ». Le speaker de renom attend aussi beaucoup du duel français haut de gamme entre Cédric Vitu et Jimmy Colas comme du championnat du monde Klitschko-Mormeck. Autant de rendez-vous importants qu’il n’est pas prêt de manquer et qui marqueront probablement ce début d’année 2012.
Par Johan Livernette