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Mort de Yoland Leveque

La vie fédérale
Mardi 1er novembre 2011

Deux dates importantes doivent être relevées au palmarès de Yoland Leveque, un des plus grands pugilistes que la Picardie ait possédé et qui vient de nous quitter à l’âge de 74 ans à Mont-Saint-Quentin près de Péronne. Le 28 septembre 1964 le Palais des Sports de Paris a fait le plein pour le combat opposant justement Leveque au prestigieux Ray Sugar Robinson. Ce dernier l’emporte aux points. Le 11 février 1966 à Stockholm, Yoland Leveque connaissait la gloire en s‘emparant dans le fief même de son adversaire Bo Hoegberg du titre européen poids des super-welters. Il avait expédié plusieurs fois le Suédois au tapis et surtout lui avait fracturé la mâchoire. Ce fut sûrement le combat le plus abouti du Français. C’était exactement le 31e combat de sa carrière professionnelle.

Cette couronne européenne, il ne la gardera que quatre mois car son challenger l’Italien Sandro Mazzinghi le dépossède à Rome. Une qualité rare doit être aussi portée au crédit de ce boxeur qui aurait pu, aurait dû, effectuer une meilleure carrière encore s’il n’avait décidé de changer d’entraineur. Mais toute sa carrière, il est resté fidèle à son professeur de toujours Paul Goujout qui avait succédé à son premier professeur Robert Villemain. Une seule fois, Yoland Leveque eut dans son coin celui qui était alors le numéro un en France : Jean Bretonnel. C’était en Italie lors d’un combat contre VisintinI. Il était né dans un petit village de la Somme à Mont Saint Quentin mais déjà le chômage se faisait sentir. Ses parents décident alors de partir pour la région parisienne afin de trouver du travail.

À Chelles, il découvre aussi le milieu de la boxe. Son premier combat amateur se disputera dans l’Aisne. Il a 16 ans puis fréquente l’Institut des Sports, prend l’habitude d’aller courir avec Alain Mimoun et Michel Jazy. Il devient champion de France amateur, participe aux Jeux Olympiques de Rome en 1960 et se fait éliminer dès le premier combat. Il fait son service militaire en Algérie et à son retour, il décide de devenir boxeur professionnel. Sa carrière va comporter une quarantaine de combats et prendra fin en 1972. Sur un coup de tête. Yoland Leveque va alors faire les marchés dans la confection. Il vendait des habits mais, trop naïf, il s’est fait « avoir » par un arnaqueur. Sa retraite, il l’a vécue à Buires Courcelles dans cette belle campagne picarde. Homme d’une très grande discrétion, il nous avait toutefois ouvert les portes de sa maison en juin 1997 où il nous avait rappelé les bons moments de sa carrière. Nous lui avions consacré deux pages. Il nous avait simplement déclaré « qu’il avait le sentiment de n’avoir pas gagné beaucoup sa vie. Il avait de l’ambition et il voulait arriver. Il n’y avait que la boxe pour m’en sortir ».

Yoland Leveque était Picard mais en tant que professionnel, jamais, il n’eut l’occasion de se produire dans notre région. Même si deux Picards furent ses adversaires : Daniel Leullier et Jacky Caulliau. Leveque était un taciturne, un homme discret et qui n’en rajoutait pas. Son grand regret est de n’avoir pu disputer un championnat du monde. A Buires Courcelles, il aimait la chasse. C’était un homme qui aimait la nature. Ironie du destin. Yoland Leveque s’en est allé le jour même du 30e anniversaire de la mort de Georges Brassent, son idole.

Par Lionel Herbet

 

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