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Mathis, Lorraine d'un soir

Boxe professionnelle
Vendredi 11 février 2011

Saint-Quentin. « Je repars de zéro », assure celle qui effectue demain sa rentrée en Haute-Picardie. Avant une première « grosse » échéance le 1er avril. LA carrière d'Anne-Sophie Mathis relève du paradoxe, voire pire. Victorieuse par deux fois de l'ultra médiatique Myriam Lamare (vue à Koh-Lanta et sur la liste PS aux régionales en PACA), championne du monde unifiée après le KO 3e infligé à Ana Pascal, Gant d'argent 2009, la Lorraine n'a pas touché les dividendes d'un parcours sportivement exemplaire.

A Saint-Quentin, Anne-Sophie Mathis va évoluer dans le fief d'un Xavier Bertrand, croisé au Cirque d'Hiver de Paris.

Celle qui a fait se lever Bercy (le soir même où Brahim Asloum récoltait des sifflets contre l'Espagnol Rafaël Lozano), « éteint » la Canebière en direct sur Canal +, effectuera sa rentrée (*) demain à Saint-Quentin contre la Belge Diane Schwachhofer. Avec la volonté de « ressusciter » à 33 ans, grâce à un véritable plan de carrière à la mesure de son mètre 80, pour cette « blonde » qui ne se dégonfle pas. Surtout devant les brunes musclées…

- La catégorie des Welters

« C'est un "plus". En fait, j'étais welter avant de rejoindre Dombasle. Je suis descendue en super-légers pour sortir de l'ombre et affronter Myriam Lamare. Je n'ai pas trop à jouer avec le poids et je conserve mon avantage au niveau de la taille. S'il n'y a pas plus d'adversaires que ça en welters et que je fais vite le tour, on verra pour passer en super-welters ».

- Une adversaire de 46 ans

« Si j'avais rencontré une fille de 18 ans, on aurait dit qu'elle était trop jeune. Je ne fais pas trop attention à l'âge. Je me fie plutôt au palmarès et Diane Schwachhofer vient de disputer un championnat du monde WIBA en 10 rounds. Elle est donc prête. J'ai vu aussi qu'elle avait rencontré deux fois Myriam Dellal (un nul, une victoire). De toute façon, elles n'étaient pas nombreuses à vouloir m'affronter sur 8 rounds pour une bourse minimum. Elle a accepté tout de suite et je ne me vois pas faire la fine bouche ».

- Saint-Quentin

« Je viens pour assurer ma promotion personnelle. J'ai toujours eu à cœur de présenter quelque chose de correct. Je n'ai jamais fait n'importe quoi. Le niveau chez les filles, c'est tout ou rien. Avec Myriam Lamare, on reste un peu des exceptions. C'est à ce point que, lorsque des titres sont en jeu, on est obligé de prévoir des revanches obligatoires par contrat ».

- Les perspectives

« Après avoir été championne du monde unifiée, je repars de zéro. Le 12 mars, j'ai un combat international mais on ne sait pas encore contre qui. Le 1er avril, aux Pennes Mirabeau (Bouches-du- Rhône), je vais rencontrer l'Espagnole Loli Munoz pour un titre intercontinental européen WBO. C'est un « gros » enjeu pour un « petit » titre. Il va falloir que j'assume. Mon agent, Christel Aujoux, avait en projet un championnat du monde au Paraguay mais la fille n'a pas voulu me rencontrer. En revanche, je vais bien affronter Duda Yankovich le 29 avril, à Pontault-Combault ».

- Un Mathis-Lamarre III ?

« Tout le monde fantasme sur ce combat. Sauf moi… Je ne raisonne pas en terme de coup médiatique. J'arrive à saturation. Le coup de faire venir les télés, j'ai déjà donné. Lamare, ce serait juste pour un coup financier. Sportivement, c'est elle qui aurait tout à gagner en cas de succès. Personnellement, j'ai surtout envie de boxer, d'affronter d'autres filles. Mais sans titre et sans « prime », c'est difficile... ».

(*) Après un an d'absence et sa victoire devant Belinda Laracuente dans les Ardennes, aux Vieilles-Forges, pour la ceinture mondiale WBA, Anne-Sophie Mathis a enchaîné deux combats fin 2010 : le 26 novembre à Noisy-le-Grand (K.-O. 1re face à Mihaela Dragan) puis le 4 décembre à Dombasle (K.-O. 4e aux dépens d'Angel McKenzie).

Propos recueillis par Jean-Pierre Prault (Photo : D.R.)

 

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