Le Tricolore Jean-Marc Mormeck continue son chemin dans la classe reine et passera un véritable test face à l'Américain d’origine portoricaine Fres Oquendo, jeudi soir, à la Halle Georges Carpentier de Paris.

« The Marksman » (37 ans ; 1,81 m ; 34 succès, dont 22 expéditifs, pour 4 revers) est un homme ambitieux et pressé. Après une première mise en jambe assez laborieuse le 17 décembre dernier face à l’états-unien Vinny Maddalone, revoilà le musculeux guadeloupéen face à cette fois-ci un plus gros poisson, l’américano-portoricain de Chicago, Fres "le Rapide" Oquendo (37 ans ; 1,88 m ; 32 victoires, dont 21 par K.-O., pour 5 défaites).
« Fast Fres / The Big O », un temps entraîné par Don Felix Trinidad Senior, mentor et père de l’illustre "Tito", était considéré, au début de sa carrière, comme un des plus beaux espoirs de la classe reine et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a jamais réellement concrétisé les espoirs placés en lui.
Vainqueur de ses 22 premiers combats de mai 1997 à décembre 2001, il passe son premier gros test face au démolisseur néo-zélandais David Tua en avril de l’année suivante. Il domine le combat jusqu’au neuvième round où il est arrêté par l’arbitre après avoir encaissé un terrible crochet du gauche. Ce combat laissera des traces et Fres ne fut plus tout à fait le même par la suite.
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Malgré tout, c’est un homme expérimenté qui a disputé et perdu deux championnats planétaires et 2003 et 2004, respectivement face à ses compatriotes Chris Byrd et John Ruiz. Il est vif de bras et dispose d’une belle technique pour un homme de son gabarit. Il fait, qui est plus est, toujours partie du gratin mondial puisqu’il est actuellement classé n°10 par la World Boxing Association. Après un Maddalone en guise de hors-d’œuvre, Mormeck s’attaque donc à un véritable plat de résistance pour son second combat chez les plus de 90,709 kg.
On saura réellement jeudi soir si l’ancien monarque unifié WBA-WBC des lourds légers est capable de s’imposer chez les hommes forts. Il faudra composer avec beaucoup de facteurs qui jouent en sa défaveur : le déficit de taille et d’allonge, le manque d’opposition dans cette catégorie de poids et la capacité de récupération, le manque de souffle ayant toujours été un handicap pour notre représentant. Il est donc crucial qu’il donne le moins de coups possible en privilégiant la qualité à la quantité. De plus, n’étant pas un lourd naturel, il n’a pas été habitué à encaisser les coups d’hommes de plus de cent kilos. Il notamment axé sa préparation sur l’anticipation et a fait un gros travail au niveau de la mobilité du tronc afin de faire frapper ses rivaux dans le vide, à l’instar du grand "Iron Mike" Tyson, pris pour modèle.
Ce combat face à Oquendo est pour Mormeck une sorte de quitte ou double. À bientôt 38 ans (ndlr : il les aura en juin), il n’a plus de temps à perdre et un revers jeudi soir marquerait peut-être la fin de la carrière du double vainqueur de Virgil Hill.
Le programme :


Par Romain Fabry
Crédit images : Denis Boulanger / Presse Sports