Battu chez les 60 kg samedi aux Vieilles-Forges, le Pontois Hicham Ziouti n'a pas pour autant dit son dernier mot pour les Jeux olympiques de Londres en 2012.
Il était le favori. Et s'il avait fait respecter la hiérarchie, il aurait probablement déjà un pied et demi aux Jeux olympiques de Londres. Seulement voilà, Hicham Ziouti, licencié au BCO Pont-Sainte-Maxence, a échoué en finale des championnats de France des moins de 60 kg, samedi, dans les Ardennes. Pris de vitesse par le Nordiste Radouane Farhany (3-0 à la fin de la première reprise), le Pontois n'a jamais pu rattraper son retard ni faire douter son adversaire (5-1 au final).

Double champion de France cadets et juniors, disparu de la circulation depuis une opération de la main en 2007, ce dernier marque ainsi son retour sur le devant de la scène au meilleur moment. Educateur au centre de détention de Loos, il devra toutefois se refaire une virginité auprès des instances fédérales, son comportement à l'Insep ayant laissé de mauvais souvenirs aux entraîneurs de l'équipe de France.
C'est pourquoi Hicham Ziouti n'a pas tout perdu au bord du lac des Vieilles-Forges. Sa participation aux championnats d'Europe de Moscou (4-13 juin) reste envisageable. « La sélection est encore ouverte. Il y a encore des tournois à venir » concluait le boxeur de Chaumont-en-Vexin, en délaçant ses chaussures.
Nato : « Un échec peut faire rebondir une carrière »
« Ce soir, Hicham n'a pas trouvé la solution technique, observe Giovanni Boggia, son entraîneur. Mais ils se connaissaient tellement que chacun a surtout cherché à faire déboxer l'autre. Maintenant, c'est à la DTN de faire son choix. Ils ont deux gars qui se valent mais Hicham a l'expérience internationale. L'important, c'est de ramener des médailles. Nous, on est des entraîneurs de quartier ; Dominique Nato, lui, sait jauger les capacités internationales des boxeurs. »

C'est donc le directeur technique national, plein d'espoir pour Hicham Ziouti, qui aura le dernier mot. « Il n'a pas trouvé la bonne distance pour que ses coups soient suffisamment visibles, observe le patron de la boxe amateurs française. Et peut-être que Farhany avait plus envie de briller que lui. Mais Hicham peut battre les meilleurs et on compte toujours sur lui. J'accorde une importance relative au championnat de France. L'important n'est pas d'être le meilleur Français en France, mais le meilleur Français face aux étrangers. Ensuite, il y a des valeurs à respecter dans le groupe France. Et puis un échec, ça peut faire rebondir une carrière. »
Ziouti ou Farhany ? Les deux rivaux auront probablement l'occasion de poursuivre leur bras de fer du 22 au 25 mars à l'Insep, où l'équipe de France se réunira en stage. Deux France-Ukraine sont ensuite organisés les 27 mars et 3 avril, en forme de dernier passeport pour les championnats d'Europe. Et Moscou, c'est sur la route de Londres.
Par Eric Jonneau
Crédit : Courrier Picard
Crédit images : Denis Boulanger