Le boxeur troyen, licencié à Nouzonville, a remporté le titre national qui lui échappait depuis cinq ans. Eric Lenfant, battu la tête haute...

C'était une soirée pas comme les autres. Pour le clan Chiguer et ses supporters, venus en force samedi au Centre des Congrès des Vieilles-Forges, porter leur champion vers son tout premier titre national, la victoire était teintée d'une grande et belle émotion.
La pression était pourtant énorme sur les épaules de l'Aubois, qui boxait pour la dernière fois dans son fief ardennais, avant de revenir au Stade Troyen en fin de saison. Accueilli par le CSA Nouzonville en 2004, Jaoïd a mis un « poing » d'honneur à offrir à son entraîneur Hamid Zaïm, la ceinture qu'ils convoitaient ensemble avec tellement d'acharnement.

Après trois échecs répétés en finale, et surtout les incidents qui avaient émaillé l'édition 2009 à Auxerre, le sélectionné olympique de Pékin a balayé des années de frustration en l'espace de quelques secondes. Parti à cent à l'heure dans son combat face à Nordine Samoudi, Jaoïd Chiguer a très vite pris la mesure de son compère de l'équipe de France.
Le Berjallien, à cours de rythme, ne fit qu'une brève illusion. Rapidement mené 2-0 sur des enchaînements d'une précision chirurgicale, il était cueilli par une droite terrible, arrivée à l'œil gauche. Sonné, compté, marqué d'un impressionnant œuf de pigeon sur la pommette, Samoudi était renvoyé dans son coin par le médecin officiel et l'arbitre du combat. On ne boxait que depuis 1'33''. Le Troyen pouvait laisser éclater sa joie et tombait dans les bras de Zaïm et de son frère Redouane, dans une ambiance surchauffée.
Eric Lenfant s'ouvre de nouveaux horizons
Quelques minutes auparavant, c'est Matthieu Bauderlique qui avait levé les bras, vainqueur logique d'un Eric Lenfant courageux. Le Troyen, parvenu en finale après un repêchage, n'a jamais été en mesure d'inquiéter le champion sortant. Plus grand, plus expérimenté, le Nordiste a fait valoir son métier et son allonge devant le protégé de Pascal Koffi et Christian Martin.

Appliqué à respecter le schéma tactique élaboré pour tenter d'inquiéter son adversaire, Eric a tenté de réduire la distance, varié les attaques. Mais il s'est aussi découvert. Mené 2-0 dans le premier round, 3-0 à l'issue de la deuxième reprise, il a craqué en fin de combat. Déçu mais pas abattu, le double champion de France juniors se console déjà avec en poche une convocation pour le prochain stage de l'équipe de France seniors.
Par Pascal Mouzon
Crédit : L'Est Eclair
Crédit images : Denis Boulanger